<-- Retour

LOUKY BERSIANIK, ÉCRIVAINE OCCULTÉE

Lettre à la rédaction de La Presse ainsi qu'à M. André Duchesne, journaliste.

J'irai droit au but : j'aimerais savoir pourquoi vous vous efforcez à ignorer tout ce qui concerne Louky Bersianik, et ce depuis longtemps.

Il y a quatre semaines, vous aviez reçu de la part de la famille, de groupes littéraires ainsi que d'une agence de communication, plusieurs communiqués de presse vous signalant son décès, sans jamais de retour de votre part. À part un entrefilet de quelques lignes seulement et uniquement dans la copie papier de votre quotidien, rien n'a été couvert sérieusement, aucune trace.

Maintenant, en lisant votre article "Les grands disparus de 2011" et je constate que dans la catégorie Littérature, Louky Bersianik n'y figure simplement pas. Elle n'était sûrement pas assez "grande" pour votre papier ! Son oeuvre et sa contribution à la modernisation de la langue française au Québec ne vous semblent pas matière à s'y attarder ?

Votre partialité semble tellement grossière et démontre avec autant de brio votre manque de connaissance de qui était cette écrivaine québécoise et son oeuvre, qu'il vaudrait mieux que cela démontre une carence culturelle plutôt qu'un choix sciemment fait par pure mesquinerie.

À plusieurs reprises, Louky Bersianik m'avait confié votre volonté d'occulter toute nouvelle s'y rapportant. Et pourtant, dois-je vous rappeler que c'est sous vos presses que son "best-seller" l'Euguélionne fut lancé en 1976 et reconnu comme étant le premier essai féministe au Québec, mais serait-ce justement à cause de cela que vous avez simplement décidé de jeter Louky Bersianik aux oubliettes ?

N'avez-vous jamais pris conscience de l'ensemble de l'oeuvre de cette écrivaine ? Est-ce à cause de ses convictions féministes, humanistes, indépendantistes ou aux "istes" qui risqueraient de froisser vos ailes d'anges de la nouvelle choisie par la corporation du pouvoir ? Croyez-vous sincèrement être des protecteurs du bien-penser citoyen, et ainsi qu'il y aurait risque de "contaminer" vos lecteurs si fragiles, si «modelables» ?

Votre attitude à son égard me dégoute et rien ne m'empêchera de le démontrer au grand public. Au mieux, ça vous fera une autre nouvelle à éviter, pour rester dans la ligne de pensée de "l'aucune trace".

Louky Bersianik a laissé des traces importantes dans notre terreau culturel Québécois, que cela vous plaise ou non, et elles seront toujours se tenir droites et impeccables face au vent de la médiocrité. Elle figure bien, et tristement, parmi les "Grandes disparues" de 2011.

Nicolas Letarte
Montréal

<-- Retour
<-- Liste des textes éditoriaux

Ce site est une création personnelle.
Toute reproduction n'est possible qu'avec l'accord de l'auteur.
Nicolas Letarte © 2002-2003
| Questions